All-inclusive avec un SCI : 5 jours à Hammamet, mon protocole hôtel


Hammamet, Tunisie, hôtel d’une grande chaîne européenne, mai 2023. J’arrive en taxi de l’aéroport de Tunis-Carthage, fatiguée d’un vol de 2h30 plus une heure de route. À l’accueil, on me remet le bracelet bleu de l’all-inclusive. La réceptionniste me dit “buffet ouvert de 7h à 10h le matin, de 12h30 à 14h30 le midi, de 19h à 22h le soir, et goûter à 16h près de la piscine”. Je calcule mentalement : 4 occasions de manger par jour, pendant 5 jours. Mon SCI fait un saut. Voici comment je m’en suis sortie sans crise majeure.

Ce que tu vas trouver dans cet article

Le piège du buffet all-inclusive pour un SCI (variété excessive, sauces partout, gluten omniprésent, ail dans 80% des plats). Mes trois plats safe que j’ai trouvés à chaque service. Comment j’ai géré le petit-déjeuner, le déjeuner, le dîner et le goûter pendant 5 jours. Les pièges spécifiques de la cuisine tunisienne (harissa, salade tunisienne, brik, tagine maison). Et mon retour honnête sur ce qui a foiré le 4ème jour.

Pourquoi j’ai dit oui à un all-inclusive en Tunisie

J’avais besoin de soleil et de zéro charge mentale après un trimestre intense côté boulot. Une amie partait avec deux autres copines, elles avaient réservé un hôtel all-inclusive à Hammamet, j’avais 5 jours pour me décider. J’ai dit oui, en sachant que le buffet allait être un défi.

Ce que je me suis dit : “le hammam à 20m de la chambre, la piscine à l’ombre des oliviers, la mer à 100m, je vais composer avec la nourriture, je gère”. Honnêtement c’était une bonne décision. Le séjour a été détendu, mes amies ont été compréhensives, et mon protocole alimentaire a tenu sur 4 jours et demi sur 5.

Les pièges du buffet all-inclusive pour un SCI

Le buffet est conçu pour la variété maximum. Pour un SCI, c’est l’inverse de ce qu’on cherche.

Variété excessive. Trop de plats, trop de sauces, trop d’ingrédients croisés. Mon ventre supporte bien 3-4 ingrédients connus, pas 15 ingrédients dont la moitié anonymes.

Les sauces partout. Sauce tomate dans le riz, sauce piquante avec les œufs, sauce yaourt à l’ail dans la salade. Quand on veut éviter, on doit littéralement reconstituer le plat sans sauce, ce qui n’est pas toujours possible.

Le gluten dans tout. Pain pita arabe, baguette occidentale, pâtes, semoule de couscous, brik (pâte filo), pizza buffet. Mon SCI tolère un peu de gluten, pas un pic à chaque repas.

L’ail caché. Les Tunisiens cuisinent avec ail et oignons en abondance. Couscous, tagines, salades, marinades. Souvent invisible à l’œil mais bien présent. Sans poser des questions précises au cuisinier, c’est très difficile à éviter.

Les fruits qui virent FODMAP haut. Pastèque (OK), pomme (OK), banane (OK), MAIS abricots, prunes, poires, mangues = FODMAP haut chez moi. Pas la peine de tester en milieu de séjour.

La déshydratation tropicale. Soleil, piscine, mer. Mon corps perd en eau. Si je ne bois pas assez plate, mon transit ralentit, et mes crampes s’intensifient. La règle des 2 L par jour vaut x2 sous les 30°C.

Mon protocole petit-déjeuner

Le petit-déjeuner est mon repas le plus prévisible et celui où j’ai le plus de marge de manœuvre. Mes 3 plats safe que j’ai pris chaque matin :

Œufs sur le plat à la demande. La plupart des hôtels all-inclusive ont un comptoir œufs avec un cuisinier qui les prépare devant toi. Je commande “œufs sur le plat, pas trop cuits, sans matière grasse forte si possible, juste un peu d’huile”. Le cuisinier comprend en français/anglais à 90%. À Hammamet, le cuisinier était Tunisien francophone, c’était fluide.

Pain pita arabe nature. Le pain pita arabe (sans levain industriel) m’a beaucoup mieux passé que la baguette occidentale ou le pain de mie. Plus simple à digérer dans mon cas. Je le grille 30 secondes au toaster du buffet.

Banane mûre + pomme. Le bowl de fruits du petit-déjeuner avait toujours bananes et pommes. Je prenais une banane ouverte, je laissais les abricots et figues fraîches.

À éviter : le yaourt nature (lait de vache, ferments industriels que je ne connais pas — j’ai eu un mauvais épisode au Maroc avec ça), le jus d’orange industriel (sucré + concentré), les viennoiseries, le bacon (gras + charcuterie), les céréales sucrées.

Mon thé vert : j’apporte mes propres sachets dans la valise (Twinings Sencha simple). Le thé du buffet est souvent du thé à la menthe traditionnel, qui est délicieux mais qui est servi très sucré et avec menthe en quantité. Je préfère mon thé connu.

Mon protocole déjeuner

Le déjeuner est plus piégeux. Soleil, fatigue, faim. La tentation est de prendre 3 assiettes différentes. J’ai construit une routine :

Une assiette unique. Trois éléments maximum.

À Hammamet, mes plats safe au déjeuner :

  • Riz blanc nature (toujours dispo au comptoir tunisien ou international)
  • Filet de poulet grillé (sans la sauce qui l’accompagne) — je demande à voir avant de servir, je vérifie qu’il n’a pas été cuit dans une marinade puissante
  • Carottes ou courgettes vapeur — souvent dispo au comptoir “international”, parfois en accompagnement libre

Salade méchouia légère quand elle était proposée — c’est une purée de poivrons grillés + tomates, sans ail visible. Je goûtais une cuillère avant d’en prendre plus, parfois c’était trop relevé. Quand ça passait, c’était un de mes plats préférés du séjour.

À éviter absolument au déjeuner :

  • Le couscous maison (semoule + sauce + ail + carottes + courgettes + viande = trop d’éléments d’un coup)
  • Le tagine du jour (ail caché, oignons cuits, parfois cumin + piment)
  • La salade tunisienne (poivrons crus + oignons crus + tomates + huile = bombe FODMAP)
  • La harissa (déclencheur direct chez moi, je la note du regard sans en mettre sur l’assiette)
  • Les frites (huile de friture multi-usage, souvent saturée d’odeurs)

Le piège du brik

Le brik est un classique tunisien : pâte filo + œuf + thon + persil + parfois oignons + parfois ail. Frit. C’est délicieux pour qui le supporte. Pour un SCI, c’est piégeux à plusieurs niveaux : la friture, les oignons cuits, l’ail souvent caché dans la garniture, le thon en boîte (gras + sel). Je n’en ai pas mangé pendant les 5 jours. Même la version “végétarienne” en avait.

Mon protocole dîner

Le dîner est l’occasion la plus risquée. Fatigue de la journée, ambiance plus chargée (souvent musique en buffet), envie de “se faire plaisir”. Je tiens le même cadre que le déjeuner :

  • Riz blanc nature
  • Poisson grillé du jour (souvent loup ou daurade — je vérifie qu’il est grillé sans sauce)
  • Légumes vapeur ou courgettes grillées
  • Eau plate uniquement — jamais de vin, même quand mes amies trinquent

À éviter au dîner :

  • Les pâtes du soir (sauces tomate avec ail systématique)
  • Les pizzas du soir (mozza + sauce + pâte = tabagie pour mon SCI)
  • Le ragoût ou la mloukhia (épices fortes, ail)
  • Les gâteaux orientaux (sucre + amandes + miel = constipation garantie)

Pour le dessert : une demi-pomme cuite quand il y avait, sinon je sautais. Une fois j’ai pris un yaourt nature avec une cuillère de miel — bien passé.

Le goûter de 16h

Le goûter near piscine est un piège que j’avais sous-estimé. Pâtisseries orientales, glace soft, beignets sucrés, biscuits, soupes de fruits. Pour mon SCI déjà sollicité par la chaleur, c’est trop.

Mon truc à Hammamet : je ne suis allée au goûter qu’une fois sur 5 jours, j’ai pris un demi-pamplemousse + une infusion menthe. Le reste du temps, je restais en transat avec ma gourde et un fruit que j’avais mis dans le mini-frigo de la chambre. Pas glamour. Tranquille.

L’hydratation, ma vraie discipline

5 jours de Tunisie en mai = 28-32°C en moyenne. Ma règle :

  • 2 L d’eau plate par jour minimum (j’achète des grandes bouteilles d’eau Aïn Garci ou Cristaline locale)
  • Eau plate uniquement : pas d’eau gazeuse (gaz = ballonnements), pas de soda, pas de jus
  • Pas de glaçons quoi qu’il arrive — les glaçons des bars d’hôtel m’ont déjà fait un tour à Bali en 2019, je ne prends plus jamais. Je commande “no ice” en anglais ou “sans glaçons” en français
  • Pas d’alcool sur les 5 jours — règle absolue, mon SCI + soleil + déshydratation + alcool = formule catastrophe
  • Tisane camomille le soir dans la chambre (je voyage avec mes sachets)

Ce qui a foiré le 4ème jour

Soyons honnête. Le 4ème soir, j’ai craqué sur une part de gâteau au miel et amandes au dessert. Mes copines étaient parties l’acheter exprès, j’avais l’impression d’être chiante de refuser, j’ai dit “OK une part”. Une part de 8x8 cm = sucre raffiné + amandes + miel + beurre + un peu de cardamome. Le sucre m’a ballonnée dans l’heure, les amandes (FODMAP haut) ont aggravé le truc, et la cardamome a déclenché des crampes. J’ai passé la nuit dans la salle de bain de la chambre, j’ai dormi 4h, le 5ème jour était à moitié gâché.

La leçon : la pression sociale du groupe de copines est probablement le pire ennemi du protocole alimentaire d’un SCI en vacances. Aujourd’hui je le dis dès le J1 du séjour : “les filles, je vais faire bizarre sur la nourriture pendant 5 jours, c’est mon ventre, ne le prenez pas perso”. Mes amies de mai 2023 étaient très bien, c’est moi qui ai fléchi sous la pression que je m’imposais.

Mes ratés et les nuances

La harissa cachée. Une fois j’ai pris du riz qui paraissait nature, mais un cuisinier zélé y avait incorporé un peu de harissa pour donner de la couleur. Goût discret, effet brutal. Depuis, je goûte une cuillère de tout avant d’en remplir mon assiette.

Le café d’après dîner. Le café tunisien est délicieux. J’ai cédé une fois (3ème soir), j’ai eu une nuit agitée. Pas catastrophique, mais pas terrible. Le café reste banni dans ma vie, all-inclusive ou pas.

La fatigue de l’optimisation. Manger en réfléchissant à chaque bouchée pendant 5 jours, c’est épuisant mentalement. Je sortais du buffet avec parfois plus de fatigue que si j’avais juste mangé n’importe quoi. La solution que j’ai trouvée : ritualiser. Petit-déj exactement pareil chaque matin (œufs + pita + banane). Déjeuner exactement pareil (riz + poulet + légume). Dîner exactement pareil (riz + poisson + légume). Variété zéro = charge mentale zéro = ventre stable.

Les médicaments que j’avais pris. J’avais mon traitement habituel en pharmacie française dans la valise (prescrit par mon médecin). Plus 2 sachets Adiaril en cas d’urgence. J’ai utilisé un Adiaril après le gâteau au miel du 4ème soir. Ça a accéléré la récupération, pas miraculé.

Récap protocole all-inclusive 5 jours

Petit-déjeuner

  • Œufs sur le plat à la demande, peu de matière grasse
  • Pain pita arabe nature (pas baguette, pas pain de mie)
  • Banane + pomme
  • Thé vert (apporté de chez moi)

Déjeuner

  • 1 assiette, 3 éléments max
  • Riz blanc + poulet grillé sans sauce + légume vapeur
  • Eau plate

Dîner

  • Mêmes règles
  • Riz + poisson grillé + légumes
  • Pas d’alcool

Goûter

  • Skip 4 jours sur 5
  • Si goûter : demi-fruit + tisane

Hydratation

  • 2 L d’eau plate par jour minimum
  • Pas de glaçons
  • Pas de gazéifié, pas de soda, pas d’alcool

Mental

  • Annoncer le protocole aux compagnons de voyage J1
  • Ritualiser les repas (zéro charge mentale)
  • Ne pas céder à la pression sociale sur les desserts

L’all-inclusive en Tunisie était un défi pour mon SCI, et il a marché à 90%. Le 4ème jour reste un avertissement : la régularité paie, l’écart unique punit. Si je reretourne en all-inclusive un jour, je m’inviterai un demi-jour de jeûne au milieu du séjour pour laisser mon système se nettoyer. C’est ce que je ferais différemment.

Témoignage personnel, fictionnalisé pour préserver l’anonymat. Ce que je raconte ici m’appartient et ne remplace pas l’avis de ton médecin ou gastro-entérologue. Pour tout symptôme, diagnostic ou traitement, parle-en à un professionnel de santé.