À propos

Salut. Moi c'est Camille.

J'ai grandi dans une petite ville de l'est de la France, quelque part entre la Bourgogne et le Jura — une de ces villes où le boulanger te connaît, où l'hiver dure six mois et où on dit "pain au chocolat" sans débat. Mes parents étaient profs, mon frère est devenu ingénieur. Moi j'écrivais des nouvelles dans des cahiers à carreaux, et je rêvais de partir.

À 18 ans, j'ai filé à Lyon faire des études de lettres modernes, puis un master en communication à Paris. Mon premier vrai voyage long, c'était un Erasmus à Lisbonne pendant ma L3 — six mois où j'ai mangé n'importe quoi, dormi quatre heures par nuit, marché des kilomètres, et où j'ai compris que je ne serais jamais bien dans un open space climatisé du 9ᵉ arrondissement.

Le diagnostic

Le diagnostic, c'est arrivé à 24 ans. Je travaillais en agence de pub à Paris, je tirais sur la corde depuis deux ans — café, deadlines, dîners tard, weekends en Eurostar. J'avais des crises depuis l'adolescence en réalité, mais je mettais ça sur le compte du stress des partiels, des règles, du gluten "à la mode".

Pendant six mois, j'ai eu des douleurs abdominales tellement violentes que je restais pliée en deux dans les toilettes du bureau, à attendre que ça passe. Puis ça alternait avec des semaines où rien ne sortait, ballonnée comme si j'avais avalé un ballon de baudruche. J'ai fini par consulter quand je me suis évanouie dans le métro ligne 1.

La gastro-entérologue qui m'a reçue à l'hôpital — une femme d'une cinquantaine d'années, calme, qui ne m'a pas regardée comme une emmerdeuse — a fait les examens d'élimination (coloscopie, prises de sang, recherche de cœliaque). Au bout de trois mois elle m'a dit : "Vous avez un syndrome du côlon irritable, forme mixte. Ce n'est pas grave au sens médical du terme. Mais ça va vous accompagner longtemps."

J'ai pleuré dans sa salle d'attente, plus de soulagement que de tristesse. Au moins, ça avait un nom.

Le pivot freelance et le voyage

Les deux années suivantes, j'ai galéré à concilier le boulot d'agence avec les crises imprévisibles. J'ai fini par me mettre à mon compte comme copywriter freelance à 26 ans — pas par vocation entrepreneuriale, mais parce que je ne pouvais plus tenir une réunion de 14h en sachant que mon ventre déciderait peut-être autrement.

Le freelance m'a donné ce que je cherchais sans le savoir : la possibilité de bosser quatre heures à 6h du matin si la nuit avait été bonne, et de prendre mon après-midi si elle ne l'avait pas été.

Le voyage, lui, n'a jamais lâché. J'ai pleuré dans des toilettes d'aéroport à Bangkok, j'ai annulé deux fois un trek au Pérou, j'ai raté un mariage à Marrakech. Mais j'ai aussi marché en Patagonie, mangé seule dans des gargotes de Hanoï, dormi sur des bateaux en mer Égée. 47 pays plus tard, je tiens un carnet précis de ce qui marche pour moi et de ce qui ne marche pas.

Aujourd'hui

Aujourd'hui, je vis surtout à Lisbonne — appartement loué à l'année, climat doux qui calme mes intestins, vols pas chers vers le reste du monde, communauté freelance, et une cuisine portugaise qui m'a réconciliée avec le fait de manger au restaurant.

Ma philosophie aujourd'hui, si je dois la résumer : j'ai arrêté d'essayer de guérir, j'ai appris à composer. Je voyage avec mon côlon, pas contre lui.

Pourquoi ce site

Pendant des années, j'ai cherché un endroit qui parle du voyage avec un SCI sans être un blog médical, sans promettre miracle, sans liste générique de FODMAP. Un endroit où quelqu'un raconte ce qu'il fait vraiment — quelle pochette il prend, quel siège il choisit, ce qu'il dit au serveur, ce qu'il fait quand le ventre lâche à 3h du matin à l'autre bout du monde.

Je n'ai jamais trouvé. Donc je l'écris.

Ce site, c'est ma boîte à outils. Aucune promesse miracle. Aucun protocole médical. Juste ma logistique perso, testée sur dix ans et 47 pays. Si trois trucs marchent pour toi, tu auras déjà gagné ton prochain voyage.

Témoignage personnel, fictionnalisé pour préserver l'anonymat. Les anecdotes, lieux, dates et détails ont été retravaillés. Ce que je raconte vient d'une vie réelle de voyageuse vivant avec un syndrome du côlon irritable, mais cette vie n'est pas un protocole, ne se prescrit pas, et ne se calque pas sur la tienne sans précaution. Je ne suis ni médecin, ni diététicienne, ni thérapeute. Pour tout symptôme, diagnostic ou traitement, parle-en à un professionnel de santé.

📥 Récupérer mon Kit SCI du Voyageur (gratuit)